Tant d'eau dégringolant des cieux,
C'est une insulte à l'espérance,
Autant de larmes de souffrance
Qui couleraient de milliers d'yeux.
L'horizon est noir comme un gouffre :
Pas le moindre frisson de bleu,
Pas un soupçon de soleil-feu...
Faut-il que là-haut quelqu'un souffre
Pour imposer au genre humain
Ce déluge de fin du monde
Et dans cette infernale ronde,
Borner de gris tous ses chemins !
Prends ta palette, toi l'artiste :
Jette en vrac toutes tes couleurs
Au nez du ciel, de la douleur :
Barbouille mol ce gros temps triste !
Redessine-moi le printemps :
Rires de fleurs en la prairie,
Ballet de feuilles, féerie...
L'oiseau qui chante... et que j'entends !
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