"J'ai les cheveux de feu des fières
bohémiennes,
Filles des grands chemins et de la liberté ;
Des enfants, j'ai la fougue et l'élan, la
gaieté
Et les senteurs des fleurs et du vent sont les
miennes'
Mon sourire est plus frais qu'un matin de
printemps
Et plus ensorceleur que la brise marine.
Le cœur du monde entier vibre dans ma poitrine
Et mon humeur varie entre orage et beau temps'
J'ai le corps accueillant de celle qui se donne
Simplement par amour, par abandon total
Et quand l'homme me fouille avec son soc
brutal,
A sa fertilité, je m'ouvre et m'abandonne".
Ainsi parlait la terre un clair matin d'avril
A la fille aux yeux noirs, étrangère, exilée
Bien loin de son pays, bien loin de sa vallée
Et de la guerre et des fusils et du péril.
Et la glèbe buvait les larmes de détresse,
Car femme tout comme elle, alors, elle savait
Que la fille était bonne et qu'un jeune homme
avait
Dans sa ferme, semé des espoirs de tendresse.
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