A Christophe
Depuis trois jours, il n'est plus là, mon petit homme,
Celui qui me donnait hier encor la main
Sur le sentier pentu qui conduit à demain,
Alors qu'il n'était pas bien plus haut que trois pommes.
Et je me sens soudainement vide, tout comme
Un village gelé par l'hiver inhumain,
Un désert oublié sans source ni chemin,
Un horizon lointain qu'un brouillard mouillé gomme.
Un tout dernier sourire à la vitre du train
Et je l'ai vu partir, s'estomper au lointain
Me laissant là, désemparée, inassouvie.
La guitare s'est tue et la maison a froid.
Mais si j'ai dans le coeur un profond désarroi,
Surtout, n'y pense pas ! Va, mon fils, vis ta vie !
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