(parce que les enfants de la guerre ne sont que des enfants).
La petite fille aux yeux noirs,
Aux cheveux blonds, à la peau claire,
Marche
Sur une longue, longue route,
Aux côtés de sa mère,
De sa grand-mère,
De ses amis.
Tout un village marche
Sur une longue, longue route :
Tout un village pleure
Sur cet interminable chemin de l'exil.
La petite fille aux yeux noirs
Se souvient :
La maison, les fleurs, le soleil,
Sa poupée,
Son papa.
Ils étaient vingt,
Jeunes et forts,
Alignés contre un grand mur blanc.
Ils sont tombés :
Le mur était rouge...
Et les soldats riaient !
Les soldats qui se sont éloignés
En traînant avec eux les jeunes femmes :
Les plus jeunes...
Les plus belles...
Les autres villageois
Se sont sauvés.
Maman l'a prise par la main :
" Viens ma chérie ! "
" Et ma poupée ? "
" Pas le temps, vite ! "
La petite fille aux yeux noirs
Au visage fait pour le rire
Pleure :
Ils sont partis
Abandonnant toute leur histoire.
Elle sait :
Sa poupée va saigner,
Tomber,
Tout comme son papa...
Et le mur blanc deviendra rouge...
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