LE SOIR SUR L'OCEAN


La femme du marin est seule au coin du feu :
Hier, son homme est parti retrouver son amante
Qui le dévore et le séduit, telle une mante
Religieuse et barbare au regard camaïeu,


Au ventre de cristal, aux cheveux longs et bleus
Tressés d'écume, de zéphyrs, d'algues mouvantes :

Elle appelle, il accourt tel l'étoile filante !

Rien qu'un baiser furtif... puis il part sans adieu...


L'épouse reste là, tragique et demi-veuve,
Indifférente au temps : qu'il vente ou bien qu'il pleuve
Elle attend, le regard tourné vers l'occident !


Chaque jour qui s'écoule est plus long qu'une année ;
Solitude et chagrin, c'était sa destinée !
Le soir sur l'océan tisse un linceul sanglant...



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